D’après une étude scientifique réalisée ces dernières années, la première cause de mortalité chez les femmes en France est la maladie cardio-vasculaire. Pourtant, on continue de considérer que cette maladie touche davantage les hommes. Prises en charge tardivement, moins dépistées que les hommes, les femmes échappent aux radars de la médecine. Pourquoi sont-elles oubliées des maladies cardio-vasculaires ? L’une des principales raisons est l’inégalité entre hommes et femmes.
Les facteurs de risques chez les femmes
Dès le début, on considère souvent que les principaux consommateurs d’alcool et de tabac sont les hommes et que celles qui font surtout attention à leur ligne sont les femmes. Contrairement à ces idées reçues, la gent féminine est de plus en plus concernée par le manque d’activité physique, l’obésité, le stress, la consommation d’alcool et le tabagisme.
Plusieurs enquêtes démontrent que les femmes fument plus régulièrement que les hommes et qu’elles ont beaucoup de mal à se sevrer car pour la plupart d’entre elles, le tabac constitue un “anti-prise de poids” et un “anti-stress”.
En matière d’activité physique, on constate que plus de 50% des femmes n’en pratiquent pas, contre 40% des hommes. Ce statistique peut s’expliquer par le le manque de temps libre de la femme.
En effet, ces dernières consacrent moins de temps que les hommes aux loisirs, dans une semaine. Or, il est important d’appuyer que le poids de la femme fluctue davantage au rythme de périodes de trouble hormonale (grossesse, stress, ménopause, troubles menstruels causés par l’épidémie du coronavirus, etc.), au cours de sa vie.
Il y a aussi les problèmes d’anxiété, de dépression et de stress (professionnel, conditions de vie précaires, etc.) que les femmes subissent au quotidien. Ceux-ci impactent leur système nerveux autonome, donc génèrent un risque accru de maladies cardiovasculaires.

Par conséquent, il est essentiel de prendre le sexe et le genre en considération, afin de développer une politique efficace pour prévenir les maladies cardiovasculaires chez les femmes. Soutenons l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) qui insiste déjà sur la prise en compte de l’égalité de sexe et de genre dans tous les domaines de la santé. Et n’attendons plus la journée de la femme pour se mobiliser car cela constitue aujourd’hui un enjeu majeur de la santé publique.
Une prise en charge à deux vitesses
En réalité, ce ne sont pas les hommes qui sont majoritairement concernés par les maladies cardiovasculaires mais ces dernières sont simplement davantage dépistées chez eux.
Ainsi, les femmes atteintes de cette maladie entament le processus de prise en charge avec au moins deux heures de retard sur leurs homologues masculins. Cette longue attente entre l’admission aux urgences et la sortie de l’hôpital explique un nombre de décès plus important chez les femmes.
Une autre explication de ce sous-diagnotic chez les femmes est que les symptômes qu’elles présentes sont souvent identifiés comme relevant d’une fatigue, de dépression ou d’une forme de stress plutôt que d’une maladie cardio-vasculaire. Ainsi, au lieu d’obtenir un rendez-vous chez le cardiologue, les femmes atteintes de cette maladie se voient prescrire des anxiolytiques.
Des inégalités de traitement
Aujourd’hui en France et partout dans le monde, des milliers de femmes sont victimes d’un infarctus ou d’un AVC simplement parce que ce sont des femmes. Une enquête alarmante de l’auteur et réalisatrice Véronique Perrault à travers le documentaire “Ecoute le cœur des femmes” démontre une discrimination à l’égard de la gent féminine. Elle retrace comment, à chaque étape, les femmes atteintes des maladies cardio-vasculaires voient leurs chances diminuer. D’après le reportage, en matière de santé, l’inégalité entre sexe, bien que méconnue, est un fait avéré.
Selon la Pr Mounier-Véhier,
Pendant longtemps, la santé de la femme n’était regardée qu’au travers ses organes de reproduction et les seins ; c’est ce qu’on appelait la médecine bikini
Au niveau des traitements, trois inégalités ressortent :
- Faute d’estimation de la maladie chez les femmes, certains traitements sont trop faiblement dosés ;
- La gente féminine subit moins fréquemment des interventions dites “invasives” tels que la chirurgie, les pacemakers, les cathéters… ;
- Les femmes se voient prescrire rarement les types de médicaments les plus souvent indiqués dans certains certains cas de crises cardiaques.
Finalement, il y a le rétablissement qui n’est pas le même chez les hommes et les femmes. Globalement, quelle que soit la forme de la maladie cardiovasculaire, les femmes ont plus de difficultés à s’en remettre.
Le fait est qu’elles ont tendance à prendre plus rapidement leurs responsabilités familiales et les tâches ménagères à domicile. Ainsi, elles n’ont pas assez de temps pour se rétablir.